Internet et le Web, est-ce la même chose ?
Teste ton intuition
1. Peut-on aller sur le site de YouTube sans utiliser le Web ?
2. Peut-on envoyer un mail sans utiliser le Web ?
3. Peut-on jouer à Minecraft en multijoueur sans utiliser Internet ?
Combien de temps pour faire circuler une information sur 20 km ?
Tu veux transmettre le simple message « coucou » à une personne située à 20 km. Pour chaque époque, choisis l’ordre de grandeur qui te paraît plausible. Attention : certaines propositions sont des pièges et ne seront pas utilisées.
1. Choisis une durée, puis clique sur l’époque où tu veux la placer. Sur ordinateur, tu peux aussi faire glisser les étiquettes.
À quoi ressemblait le Web au départ ?
Avant de lire
Imagine le premier site Web : couleurs ? photos ? vidéos ? publicité ? moteur de recherche ?
Un Web très simple
Le projet du Web est proposé en 1989 au CERN par Tim Berners-Lee. Le premier site présente le projet World Wide Web lui-même. Le premier serveur Web fonctionne sur son ordinateur NeXT ; le site est mis en service autour de 1990, puis le Web commence à se diffuser hors du CERN en 1991.
Pourquoi le premier site paraît-il si rudimentaire aujourd’hui ?
Peux-tu reconstituer l’évolution d’Internet ?
Cette fois, tu ne dois pas simplement associer des dates à des événements déjà classés. Tu vas d’abord estimer combien de machines sont connectées à différentes dates, puis seulement ensuite construire la frise.
Étape 1 — Estime le nombre de machines connectées
Pour chaque date, choisis l’ordre de grandeur qui te paraît plausible. Certaines propositions sont volontairement très proches ou très éloignées.
Pourquoi le nombre actuel est-il difficile à donner exactement ?
Parce qu’il dépend de ce que l’on compte : seulement les ordinateurs ? les téléphones ? les télévisions ? les montres ? les voitures ? les capteurs industriels ? Les chiffres varient donc selon les sources et les définitions. L’essentiel ici est de comprendre le changement d’échelle.
Internet est décentralisé… mais nos usages sont très concentrés
Internet lui-même est un réseau décentralisé : il est constitué d’un très grand nombre de réseaux indépendants reliés entre eux. Il n’existe pas de « serveur central d’Internet » qui contrôlerait l’ensemble.
🌐 Un réseau décentralisé
Les différents réseaux communiquent grâce à des protocoles communs, notamment TCP/IP. Une panne locale ne fait donc pas disparaître tout Internet.
🏢 Des services parfois centralisés
Un service utilisant Internet peut en revanche dépendre fortement des serveurs et infrastructures contrôlés par une même entreprise ou organisation.
IP, TCP, DNS, routeur : le minimum à connaître
IP
Permet l’adressage des machines et l’acheminement des paquets vers leur destination.
TCP
Gère une transmission fiable : ordre, contrôle et retransmission si nécessaire. (D’autres protocoles de transport existent, notamment UDP.)
DNS
Un « annuaire » qui associe un nom compréhensible, par exemple example.org, à une adresse IP.
Routeur
Fait transiter les paquets d’un réseau à un autre et choisit leur prochaine étape.
Vidéo + questionnaire
Pendant la vidéo « Allô la hotline : Internet, un protocole universel ? », cherche les réponses aux six questions.
Des paquets IP… transportés par des pigeons voyageurs !
Dans la vidéo, l’analogie avec les pigeons n’est pas si farfelue : tout est parti d’un poisson d’avril proposant de transporter des données informatiques par pigeon voyageur. L’idée a ensuite été testée pour de vrai : neuf paquets IP ont été transportés par des pigeons.
En octobre 2026, l’un de ces paquets, devenu une rareté historique, a même été vendu aux enchères pour plus de 20 000 dollars !
À retenir : sur Internet, un « paquet » est une unité de données ; ce n’est pas nécessairement un objet physique. Lire l’article (BFM Tech, 13 octobre 2026).
Afficher les 6 questions
- Comment définir Internet en une phrase ?
- Quels sont les deux protocoles mis en avant ?
- Comment identifier une machine connectée à Internet ?
- Qu’est-ce que le DNS ?
- Que fait un routeur ?
- Quel est le rôle du protocole TCP ?
Un réseau mondial : quels nouveaux problèmes ?
🔐 Données & vie privée
Qui collecte les données ? Pour quoi faire ? Pendant combien de temps ?
🧭 Pouvoir des plateformes
Les algorithmes peuvent décider quels contenus sont recommandés, visibles ou moins visibles.
🛡️ Cybersécurité
Plus il existe de machines et de services connectés, plus le nombre de cibles potentielles augmente.
🌍 Environnement
Terminaux, réseaux et centres de données nécessitent matières premières, électricité et refroidissement.
DDoS : quand trop de demandes rendent un service indisponible
Un serveur et sa connexion ont une capacité limitée. Une attaque DDoS (Distributed Denial of Service, déni de service distribué) cherche à submerger une ressource avec un très grand nombre de requêtes provenant de nombreuses machines.
💥 saturé⬅️Utilisateur
Une attaque DDoS consiste surtout à…
🌍 PowerOFF : la police contre-attaque
Les attaques DDoS ne sont pas seulement réalisées par des pirates très expérimentés. Des services clandestins permettent de louer une attaque, parfois pour une dizaine d’euros.
ont participé à une semaine d’action coordonnée contre les services de DDoS à la demande.
utilisateurs identifiés ont reçu des avertissements des autorités.
domaines liés à ces services ont été neutralisés.
25 mandats de perquisition ont été délivrés et 4 arrestations ont eu lieu.
Comment les autorités peuvent-elles alors agir ?
Elles peuvent notamment saisir ou neutraliser les serveurs, domaines, bases de données et infrastructures utilisés par les services criminels. Les données saisies peuvent aussi permettre d’identifier certains utilisateurs. L’opération internationale PowerOFF vise précisément ces services de DDoS à la demande.
Internet a une infrastructure physique
Le « cloud » n’est pas dans les nuages : les données sont traitées et stockées dans des bâtiments remplis de serveurs, les data centers.
Électricité consommée par les data centers dans le monde en 2024, soit ≈ 1,5 % de l’électricité mondiale.
Pour se représenter ce chiffre : c’est presque autant que toute la consommation électrique annuelle de la France en 2024 (≈ 449 TWh).
Projection centrale de l’AIE pour 2030 : plus du double de 2024, soit un peu moins de 3 % de l’électricité mondiale.
Pour se représenter ce chiffre : cela correspond à environ deux fois la consommation électrique actuelle de la France.
Elle peut être utilisée directement pour le refroidissement et indirectement pour produire l’électricité. L’impact varie fortement selon le site, la technologie et le climat.
Projection de l’empreinte mondiale en eau liée à l’IA à l’horizon 2027. Elle inclut notamment le refroidissement des centres de données et des usages indirects de l’eau.
Pour se représenter ce chiffre : c’est environ 26 à 42 fois la consommation annuelle d’eau potable de Paris (≈ 159 millions de m³). Cette comparaison donne seulement un ordre de grandeur, car les deux indicateurs ne recouvrent pas exactement les mêmes usages de l’eau.
Et une requête d’IA, combien consomme-t-elle ?
Il n’existe pas un chiffre unique valable pour toutes les requêtes. Cela dépend du modèle, du matériel, de la longueur de la réponse et surtout du type de tâche. Les estimations évoluent vite : une simple requête texte peut être relativement légère, alors que le raisonnement complexe ou la génération de vidéo peut demander des centaines ou milliers de fois plus d’énergie par tâche. Il vaut mieux retenir cet ordre de comparaison qu’un nombre figé.
Pourquoi les data centers consomment-ils de l’eau ?
Les serveurs dégagent de la chaleur. Certains systèmes de refroidissement utilisent de l’eau, notamment par évaporation. Il faut aussi considérer l’eau mobilisée en amont pour produire certaines formes d’électricité. Une partie des centres utilise d’autres solutions : air, circuits fermés, eau recyclée, refroidissement liquide, implantation dans des régions plus fraîches, etc.
As-tu retenu l’essentiel ?
1. Le Web est…
2. Le DNS sert principalement à…
3. Le Web est proposé au CERN par Tim Berners-Lee en…
4. Un DDoS vise principalement…
5. En 2024, les data centers représentaient environ…
IA : progrès spectaculaire… mais quels risques ?
Les intelligences artificielles progressent très vite. Elles peuvent déjà produire du texte, des images, du code, analyser des données et réaliser certaines tâches de manière de plus en plus autonome. Cela ouvre de nombreuses possibilités, mais soulève aussi des questions de sécurité et de société.
⚠️ Des risques déjà présents
- Fausses informations et deepfakes difficiles à distinguer du réel.
- Biais et discriminations reproduits à partir des données d’entraînement.
- Cyberattaques et usages malveillants facilités ou accélérés par l’IA.
- Atteintes à la vie privée et collecte massive de données.
- Dépendance à quelques grandes entreprises qui contrôlent les modèles et les infrastructures.
🧠 Et si les IA devenaient beaucoup plus puissantes ?
- Pourrait-on toujours comprendre leurs décisions ?
- Pourrait-on toujours les arrêter ou les corriger ?
- Que se passerait-il si une IA poursuivait un objectif d’une manière imprévue ?
- Que se passerait-il si des systèmes devenaient capables de contribuer à améliorer les générations suivantes d’IA ?
- Qui doit fixer les limites : entreprises, chercheurs, États ou citoyens ?
Jacob Coxon : un chercheur d’Anthropic qui démissionne pour donner l’alerte
Jacob Coxon est un chercheur en intelligence artificielle qui a travaillé sur le pré-entraînement des grands modèles, d’abord chez OpenAI, puis chez Anthropic, l’entreprise qui développe Claude.
En septembre 2026, il démissionne d’Anthropic. Il explique craindre que la compétition entre les grands laboratoires pousse au développement d’IA de plus en plus autonomes — notamment de systèmes capables de contribuer à leur propre amélioration — plus vite que ne progressent les garanties permettant d’assurer leur sécurité et leur contrôle.
Son départ ne prouve évidemment pas qu’une catastrophe va se produire. Il montre en revanche que le débat ne concerne plus seulement la science-fiction : des chercheurs participant directement au développement des IA les plus avancées demandent eux-mêmes davantage de prudence, de contrôles et de coordination.
💬 À vous de réfléchir
Faut-il ralentir le développement de l’IA par précaution, ou continuer à progresser tout en renforçant les règles, les contrôles et la responsabilité humaine ?
« L’enjeu n’est pas seulement ce que l’IA saura faire, mais ce que nous déciderons de lui laisser faire. »